Gastro

En ce jeudi maussade où je suis cantonnée à ma couche pour cause de gastro-entérite (cet article ne sera pas glamour), je me suis dit qu’il était grand temps d’aborder la question du passage aux toilettes quand on est en couple.

Je pensais à ça parce que, justement, du fait de mes intestins capricieux cette semaine, je me retrouve dans le petit endroit (qui porte bien son nom, vu qu’il se situe sur le palier, et qu’un délicieux courant d’air le parcourt de bout en bout) un nombre de fois assez incalculables, ce qui me permet de réfléchir à des problématiques telles que « comment rester une femme digne qui ne fait pas de bruits répugnants quand elle chie ou vomit ? ».

Je vous propose donc qu’on parle de ça aujourd’hui.

En fait je pensais à ça, parce que l’autre jour, de manière tout à fait fortuite, je suis tombée sur le texte suivant :

« Rhabillée et coiffée, plus que jamais Ariane Cassandre Corisande, née d’Auble, elle avait sonné pour le thé, et en était maintenant à sa quatrième tasse. La regardant boire, il ne put s’empêcher de penser que dans une heure ou deux elle le prierait, avec le même sourire distingué, de la laisser seule un moment. Il déférerait aussitôt à ce désir et il y aurait, quelques instants plus tard, venu de la salle de bains de cette malheureuse, le bruit maléfique de la chasse d’eau. Bref, une vie de passion.
Dans sa chambre, par égard pour elle, il se boucherait alors les oreilles, mais en vain, car l’installation sanitaire du Royal était d’une énergie remarquable. Enfin, il serait musicalement reconvoqué par le truchement de quelque disque de Mozart ou de cette barbe de Bach, et il faudrait faire l’amour. Bref, une vie de passion. 
»

Il parait que c’est un extrait de Belle du Seigneur, livre que je n’ai pas lu (je ne l’ai pas lu parce que, pour une raison que je ne m’explique pas, je l’associe à la Reine Margot et j’ai toujours pensé que ça devait être le même genre de bouquin chiant semi-médiéval semi-guindé).

Mais revenons-en à nos… Ce type là, le narrateur, est une vraie crotte qui fait des histoires pour rien, pas vrai ? Je ne retrouve pas d’autres extraits mais la littérature fourmille d’exemples où les deux protagonistes sont en train de prendre le thé en parlant de sujets à faire frémir d’ennui le plus stoïque des moines tibétains, et ça se finit toujours de la même manière : la fille est obligée d’aller aux wc. Son prétendant le prend supermal, comme si elle lui faisait un Affront Suprême en allant dans la Pièce Maudite. Il tente de se boucher les oreilles en se tordant de douleur pendant qu’elle chie…et quand elle sort des toilettes, c’est fini : il ne peut que la regarder avec dégout, elle a perdu toute valeur à ses yeux.

(c’est le genre de choses auxquelles je pense quand je vais aux wc)

Je ne vais pas prétendre que cet article sera un genre de truc bien construit mais je me contenterai de terminer avec un extrait du Temps des secrets, de Marcel Pagnol (oui ! encore !). Pour resituer le contexte, Marcel est au collège, c’est les vacances d’été à Aubagne et il sort avec Isabelle Cassignol, que l’on peut sans hésiter qualifier de pouf (elle lui fait manger une sauterelle vivante pour qu’il prouve son amour pour elle). Isabelle se la pète un peu, elle dit qu’elle vient d’une famille noble, son père boit de l’absinthe, elle joue du piano et court dans la garrigue en petite robe blanche transparente. Voilà pour la mise en situation. Et puis un jour, alors que cette brave Isabelle a ferré son mâle (Marcel, donc) comme il se doit, et qu’il est définitivement amoureux d’elle…elle a le malheur d’avoir la colique. Marcel l’entend tirer la chasse d’eau plusieurs fois et commence à avoir des pensées complètement délirantes (on dirait un psychotique névrotique) :

"Là-haut, on tirait des meubles criards. C’était Mme Cassignol qui faisait son ménage avant de partir. Et Loïs de Montmajour, c’était Adolphe Cassignol, qui avait pris un faux-nom, comme les forçats évadés. Alors, je remarquai, sur le marbre fendu de la cheminée, une tasse ébréchée au fond de laquelle un sucre peu soluble avait laissé des reflets poisseux. Il manquait une aiguille à la pendule de corne, le grand miroir vénitien reflétait des brumes jaunâtres, piquetées d’étoiles noires; le précieux tapis de table n’était qu’une vaste loque, constellée d’accrocs chevelus, et la reine s’appelait Isabelle Cassignol… Je sentis que j’étais ruiné, et la chasse d’eau gronda de nouveau.
Alors, je sautai par la fenêtre, et je pris la fuite sous la pluie."

La fuite sous la pluie quoi !

Les cheveux blancs

Il y a de ça quelques mois, j’ai créé un nouveau dossier dans mon ordinateur intitulé "Vieillir et cheveux blancs" (de toute évidence, c’est la partie de mon ordinateur que mon entourage évite de la manière la plus précautionneuse, en détournant le regard pudiquement et en évitant d’en parler, comme si il s’agissait d’un vulgaire film de fesses).

Je me souviens très bien du jour où j’ai découvert mon premier cheveu blanc. Un vrai désastre bourré de mélodrame et d’hypocondrie. Et puis est apparu le deuxième. Et le troisième (et tous les autres). Parfois, à la faveur d’un éclairage fourbe, ils apparaissent plus clairement (et, ne nous voilons pas la face, ils m’angoissent toujours autant à chaque fois). Mais la plupart du temps eux et moi cohabitons comme un couple de vieux ennemis: nous savons que l’autre existe, mais nous faisons tout pour ne pas croiser son regard.

Je sais que je dispose encore de quelques années de chevelure "naturelle" avant de devoir peut être passer par la case teinture (qui sera, sans aucun doute, jalonnée de teintes ratées (bio, faites maison dans le lavabo), de pleurs convulsifs et de colorations douteuses tendant vers le roux), mais je me suis dit que pourtant ça serait bien de me confronter à ça dès maintenant: mieux comprendre mon angoisse des cheveux blancs, les accepter, et mieux vivre avec.

Il ne fait aucun doute que l’injustice règne quand il s’agit de cheveux blancs. Chez un homme, avoir des cheveux blancs (excusez-moi: "poivré-sel") est un signe de maturité et de sexytude liée à l’expérience (je ne vous ferai pas l’affront de vous infliger des images de Georges Clooney: tout le monde a bien compris le truc). Chez une femme, avoir des cheveux blancs c’est avoir l’air plus vieille que son vrai âge; c’est avoir l’air faible et malade. C’est signaler qu’on est en pleine ménopause et que l’on n’est par conséquent plus disponible sur le marché de la séduction.

Je n’avais pas vraiment d’exemples dans mon entourage de femmes portant leurs cheveux blancs de manière attractive. Le passage "cheveux blancs", chez une femme, est toujours lié à la vieillesse et à une forme de faiblesse, de renoncement. Moi, je cherchais des images de force. Des images de femmes qui sont belles (peut-être même encore plus belles?) avec leurs cheveux blancs. Au cours de mes recherches, je suis tombée sur trois femmes en particulier, qui m’ont marqué; je sais que ce n’est pas une liste exhaustive (et si vous avez des photos bien pouvant servir de role models, je suis toute ouïe).

La première (et pas vraiment une découverte vu que j’ai trouvé ça sur le blog de Garance Doré), c’est Sarah Harris.

Elle a eu les cheveux blancs très très très tôt (à 16 ans); on peut dire que ça fait partie de son identité. Et, on ne peut pas le nier, ça lui donne un aspect vraiment chou.

La deuxième, c’est Jenny Hirschowitz. Je suis tombée sur des photos d’elle en rôdant sur Advanced Style. [Avant de poursuivre, une parenthèse Advanced Style s'impose. Je ne fais pas partie des gens qui s'opposent systématiquement aux canons de beauté « standard » en glorifiant leurs contraires (comme: les vieilles à la place des jeunes, les obèses à la place des anorexiques, etc.). Pour illustrer, je déteste la pub de Dove qui met en scène des femmes bien en chair et métissées, je la trouve complètement démago. Peut être que je reparlerai de ça une autre fois. Pour revenir à Advanced Style, je ne suis pas sensible à la plupart de leurs photos de vieilles femmes. Je les trouve la plupart du temps déguisées, grotesques, excentriques et trop maquillées. Je trouve que c'est moins un blog qui montre la beauté de la vieillesse que la créativité et l'originalité que certaines personnes arrivent à avoir toute leur vie, ce qui est très différent].

Donc, Jenny Hirschowitz en maillot de bain. Hé bien, Jenny Hirschowitz (qui ne doit pas être toute jeune, contrairement à Sarah Harris) en maillot de bain, c’est un peu un message d’espoir pour toutes celles qui redoutent les effets délétères de la ménopause.

A titre d’exemple et parce que je trouve ça marrant, je vous mets une photo de la même Jenny Hirschowitz avec les cheveux noirs (je la trouve flippante sur cette photo. Ou peut être est-ce à cause du mâle qui la serre fort avec sa pince).

On ne peut pas le nier, elle est nettement plus classe avec les cheveux blancs.

Et pour terminer, il y a Cathy Cooper (en fait, je suis tombée par hasard sur elle en rôdant sur The Selby, et c’est ça qui m’a donné envie d’écrire sur les femmes aux cheveux blancs). Cathy Cooper est juste trop belle. Il y a quelque chose en elle qui me parle, je ne sais pas quoi, et qui me donne envie de lui ressembler quand j’aurai son âge. Des trois femmes dont on a parlé ici, je trouve que c’est le modèle le plus intéressant. Je ne sais pas trop pourquoi. Peut être que c’est à cause des tatouages et des cheveux mal peignés, qui donnent une impression de jeunesse, de rêves, d’insouciance. De rébellion aussi. Quand je vois ces photos, je me dis qu’elle a certainement mené la vie qu’elle voulait – peut être qu’elle ne s’est pas opposée frontalement en hurlant et en frappant pour avoir ce qu’elle voulait, mais elle m’a l’air d’être le genre de personne déterminée qui ne fera peut être pas de grands discours mais qui avancera longuement, opiniâtrement, vers son but, sans un mot. Et qui sourira calmement, avec ses joues déployées, quand elle l’aura atteint.

Bonus cheveux bouclés!

Breaking News

Il n’aura échappé à personne que ce blog, malgré ses débuts héroïques et ses rouleaux de papier toilette vengeurs, est complètement laissé à l’abandon depuis quelques mois ("une fois de plus, comme tous tes projets: SALE RAT").

L’auteur de ces lignes tient donc à vous informer d’un changement de cap, de péninsule même: il est fort probable que ce blog mute pour devenir un blog de mode.

Bien sûr, je ne désespère pas de réussir à accomplir l’objectif que je m’étais lancé, à savoir faire une revue exhaustive, sincère et utile de la blogosphère, mais il faut se rendre à l’évidence: c’est long à faire, c’est chiant et ça n’intéresse pas grand monde (sauf peut être ceux qui ont mangé trop de chili con carne et qui sont coincés aux wc avec leur smartphone tactile). Par ailleurs, en dépit du fait que je m’habille excessivement mal, il se trouve que j’ai un intérêt mal placé et quelque peu obsédant pour tout ce qui touche à la mode et à la beauté, que mon entourage s’en Contrefout, et que par conséquent j’ai besoin d’un espace pour parler de Ça.

Merci donc de ne pas hurler, de serrer les fesses, et de rester stoïques.

Cordialement,

L’Auteur de ces Lignes.

FONCTIONNEMENT DE LA CHOSE

Pour les amoureux de la lecture, il est évident que les toilettes sont une place de choix pour se plonger des heures dans un bon bouquin (et ne venez pas me parler d’études scientifiques affirmant le contraire).

C’est pourquoi ici, les blogs seront notés à partir d’une « grille wc » (un peu comme les étoiles pour le guide Michelin, ou les petits bonhommes à la mèche énervante pour Télérama).

Je ne vous cache pas que, mes compétences informatiques étant limitées, les logos sont en cours de création. Mais la grille de notation sera la suivante :

-          un, deux ou trois wc d’approbation pour les blogs chouettes à lire;

-          un rouleau de papier toilettes vengeur indiquant les blogs à éviter;

-          et puis le mystérieux wc d’or, dont l’image restera secrète pour le moment, récompensant les blogs exceptionnels.

Bonne lecture !

(PS : pour ceux qui ne manqueront pas de se plaindre que le thème « wc » est peu adapté aux blogs vu que, pour cause de contraintes technologiques, il est difficile de lire ces derniers aux toilettes : il me semble que l’ipad a été inventé pour ça, non ?)

LA REVUE DES BLOGS

Ce blog nait de mon envie d’être le Jérôme Garcin de la blogosphère.

Ici, on parlera de blogs. De ceux qu’on lit du début à la fin, le doigt frétillant lorsque qu’il remonte les archives, même si celles-ci datent d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre (en 2005, nous avions 15 ans). De ceux qu’on aime bien détester mais qu’on lit quand même compulsivement. De ceux que personne ne connait mais qui sont si doux à lire au coin du feu. Et de ceux qui nous ouvrent les yeux sur la vérité de l’existence humaine.

Tout ça ! On fera donc de la critique de blogs, en espérant que nos conseils de lecture pourront un jour illuminer vos journées (que vous vous ennuyiez au travail ou que vous cherchiez une réponse aux questions existentielles de la Vie).

Bisous (et Banzaï ?).